Marx au XXIème siècle, toujours vivant

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1. Les sciences sociales

Le 5 mai marque le bicentenaire de la naissance de Karl Marx.

Si du côté des sciences sociales et de la gauche, cet anniversaire sera l’occasion de souligner l’héritage scientifique et politique du personnage, à droite, ce sera probablement, au contraire, prétexte à enchaîner les lieux communs sur l’ «obsolescence» de Marx et à distiller des sentences définitives sur la fin des classes sociales et de la lutte qui les oppose, notions largement incomprises, soit dit en passant, par les défenseurs des approches libérales.

Pour ma part, je peux témoigner de la richesse qu’a constitué l’apport de Marx, tant sur le plan scientifique (les sciences sociales) que sur le plan politique (les luttes sociales).

Bien que les deux aspects soient intimement liés je les dissocierai pour y voir plus clair.

Dans ce premier article, je décrirai comment Marx a construit et consolidé mes connaissances en sciences sociales. Il ne faut certainement pas y voir un exposé théorique sur l’importance et l’actualité de l’auteur, d’autres ne manqueront pas de le faire bien mieux que moi. Il faut voir dans ce texte, un simple témoignage, un exemple concret de son influence actuelle. Aussi, tous les aspects de l’héritage intellectuel de Marx ne seront pas abordés et parfois le propos sera quelque peu schématique afin de ne pas allonger inutilement le texte.

Marx toujours actuel

Ce qui n’a jamais cessé de me surprendre, c’est l’actualité des écrits de Marx. Bien évidemment, nous lisons un auteur, un chercheur devrait-on plutôt dire, du XIXème siècle, mais la méthode, et souvent les phénomènes analysés, restent d’un singulière actualité.

Ainsi, j’ai été particulièrement frappé par le chapitre X du Capital consacré aux luttes autour du temps de travail «Limite du temps de travail». Marx y développe une analyse détaillée des luttes politiques qui se sont déroulées dans l’histoire autour du temps de travail. En ce qui concerne la situation en Angleterre au XIXème siècle, il se base sur les rapports des inspecteurs des fabriques, de ceux de la Children employment commission et du Public Health Report, sources solides s’il en est. Il relate comment quelques timides avancées législatives obtenues pour encadrer très partiellement l’organisation du travail sont aussitôt contournées par les tactiques patronales pour préserver intégralement le bénéfice du profit généré par le travail de leurs ouvriers, y compris celui des enfants.

C’est l’analyse de faits concrets et avérés qui permet à Marx de conclure que « … la réglementation de la journée de travail se présente dans l’histoire de la production capitaliste comme une lutte séculaire pour les limites de la journée de travail, lutte entre le capitaliste, c’est-à-dire, la classe capitaliste1, et le travailleur, c’est-à-dire, la classe ouvrière »2. On ne peut être plus clair.

Autre conclusion, glaçante : « L’anthropologie capitaliste décrète que l’enfance ne devrait durer que jusqu’à dix ans, tout au plus jusqu’à onze »3.

Outre la qualité du travail de recherche4, c’est l’actualité de ce chapitre qui a particulièrement retenu mon attention. Dans les grandes lignes, l’analyse qui y est faite de l’exploitation du travail est transposable à la situation actuelle (2018). Pensons aux dérégulations du marché du travail imposées dans nos pays depuis plus de trente ans. Pensons également à la situation des travailleurs dans les pays constituant l’usine du monde (Bangladesh, Pakistan, Chine, Inde, Vietnam, Thaïlande), au plus grand bénéfice du capital international qui délocalise ses unités de production là où les salaires sont les plus réduits, où l’exigence de productivité est la plus intense et où les journées de travail sont les plus longues.

Ce chapitre X expose de manière remarquablement claire et étayée en quoi les luttes autour du temps de travail constituent bien une lutte des classes, une lutte autour du « partage » des profits générés par les travailleurs.

Par ailleurs, ce chapitre illustre bien comment théorie et politique constituent les deux faces d’une même démarche.

Ce que Marx m’a apporté dans les sciences sociales

Trois points constitutifs des courants marxiens5 ont fortement structuré mon approche des sciences sociales.

1- L’approche dialectique

Je voudrais mettre en exergue deux aspects de la démarche dialectique.

– Prendre en compte toutes les composantes contradictoires d’une réalité

En effet, la réalité sociale étant très complexe, une approche binaire où l’on oppose simplement deux termes (soit A, soit B), ne permet pas de se représenter son fonctionnement réel. Il faut nécessairement prendre en compte les phénomènes contradictoires qui s’y déroulent pour comprendre le fonctionnement social. Mais pas n’importe comment.

Sans analyse dialectique on pourrait facilement tomber dans le brouillage résultant du discours libéral dominant qui voudrait nous convaincre qu‘il n’y a plus de classes sociales, que les travailleurs sont aussi des consommateurs et des propriétaires et donc qu’ils n’ont plus d’intérêts spécifiques, que favoriser les entreprises c’est induire une amélioration de la vie de tous. Mettre de la dialectique dans son analyse, c’est observer qu’effectivement, les travailleurs sont ceci et cela, mais que ça ne s’articule pas n’importe comment, et qu’en dernière instance, lorsqu’on dégage la dynamique sociale à l’œuvre, une tendance se dessine. En l’occurrence, celle des antagonismes fondamentaux se jouant entre les classes sociales.

Éviter le réductionnisme.

Un auteur, spécialiste du travail social, Saül Karsz6, constitue un bon exemple de cette approche. Il a beaucoup travaillé sur une question qui préoccupe les travailleurs sociaux, du moins ceux qui réfléchissent aux bases théoriques qui guident leurs interventions. Comment s’articulent la composante individuelle, celle qui vient de la personne en tant qu’individu, avec son histoire personnelle, son inconscient et la composante sociale, les institutions, la question des classes sociales ?

Karsz aborde la question avec une formulation lacanienne : « l’idéologie et l’inconscient font nœud ». Je passerai ici sur les développements qu’induit cette formulation. Ce que je voudrais mettre en évidence, c’est que l’auteur, qui se réfère explicitement à Marx et Althusser ainsi qu’à Freud et à Lacan, insiste sur la nature indissociable de ces deux dimensions qui sont les faces indissociables d’une même réalité. Les ouvrages de Karsz nous offrent une leçon concrète de dialectique qui évite de réduire un phénomène à l’une ou l’autre de ses dimensions. Ce sont les deux dimensions prises ensemble, intimement liées, qui constituent la réalité des bénéficiaires du travail social.

2- Le matérialisme

Matérialisme est un terme particulièrement polysémique qui désigne des approches du réel très différentes. Par exemple, les approches positivistes ou naturalistes, ne correspondent pas du tout au matérialisme rationnel de Gaston Bachelard qui se démarque considérablement de ces matérialismes 7.

Chez Marx, il ne s’agit pas non plus d’un matérialisme naïf où l’on prendrait le fruit de l’observation directe d’un phénomène pour son explication. Autrement dit, où l’on présupposerait une transparence des phénomènes. Comme nous le verrons au point suivant, le chapitre du Capital sur le caractère fétiche de la marchandise est représentatif de cet aspect de l’épistémologie de Marx.

Après le Manifeste du parti communiste (voir le prochain article), c’est la lecture de l’idéologie allemande, qui m’a ouvert à cette perspective matérialiste. Voir ce qui dans l’organisation matérielle de la société et sa technologie influence la construction des rapports sociaux (rapports de production, organisation politique) et des représentations que s’en font les individus. C’est sur base de ces questions élémentaires que j’ai pu, petit à petit, complexifier mon approche, par une meilleure connaissance de Marx – évidemment plus complexe que cela dans sa pensée – et de ses successeurs.

Retenons seulement cette citation : « Contrairement à la philosophie allemande, qui descend du ciel sur la terre, on monte ici au ciel. C’est-à-dire, on ne part pas de ce que les hommes disent, s’imaginent, se représentent à leur sujet pour en arriver à l’homme en chair et en os ; c’est à partir des hommes réellement actifs et de leur processus de vie réel que l’on montre le développement des reflets et des échos idéologiques de ce processus »8.

Un autre texte, bien que très bref, a également exercé une influence décisive. Il s’agit de notes jetées sur le papier par Marx en 1845 et passées à la postérité sous le titre des « Thèses sur Feuerbach »9.

Faire des sciences sociales, implique en premier lieu, de comprendre en quoi consiste son objet d’analyse : la société. Comment la définir ?

Les Thèses sur Feuerbach ont été un catalyseur important pour prendre une position claire et précise sur cette question centrale de ce qu’est le réel social10. Bien qu’en bonne méthode, le texte devrait être pris dans son ensemble, je me contenterai de n’en citer que deux extraits représentatifs.

Thèse VI : « Feuerbach résorbe l’essence religieuse en l’essence humaine. Mais l’essence humaine n’est pas quelque chose d’abstrait qui réside dans l’individu unique. Dans sa réalité effective, c’est l’ensemble des rapports sociaux »11.

Thèse VIII : « La vie sociale est essentiellement pratique. Tous les mystères qui incitent la théorie au mysticisme trouvent leur solution rationnelle dans la praxis humaine et dans la compréhension de cette praxis »12.

Voilà deux phrases qui ouvrent toute une réflexion sur la structure et le relationnel, deux éléments qui guident mon approche dans toute appréhension d’un phénomène. Le réel social est pratiques (praxis) et relations.

On pourrait dire en résumé que le matérialisme que je retire de Marx se base sur le constat que tout ce qui existe tire son existence de ce qui existe matériellement, que ce soit la matière elle-même ou ce qui ressort de l’activité proprement humaine : les pratiques se déroulant dans la vie en société. Mais contrairement à ce qu’on pourrait conclure trop rapidement, ce matérialisme n’est pas une approche réductrice de la société ou de l’ « humain » où l’on se limiterait à un mécanicisme établissant un simple lien causal entre la base économique de la société et la « superstructure », c’est-à-dire ses éléments culturels, politiques, artistiques, etc… Ce matérialisme beaucoup plus complexe s’éloigne de cette approche trop linéaire de la dynamique sociale justement grâce à l’apport de la dialectique. Notons que des travaux ultérieurs, de Marx, Engels et de leurs successeurs ont continué à enrichir et à complexifier ce matérialisme.

La reconnaissance de la matérialité du réel social et la conscience que ce réel échappe à une observation directe font des courants marxiens les approches les plus rationnelles et scientifiques des questions de société.

Ceci nous amène au troisième point.

3 – Une épistémologie pour observer et analyser les faits sociaux

La dynamique sociale, facteur explicatif des phénomènes sociaux (pauvreté, racisme, exploitation du travail, crise du logement, …), ne peut donc s’observer directement, d’un premier regard. La société n’est pas « transparente ». C’est en allant au delà que nous pouvons construire un objet d’analyse pour comprendre les dynamiques sociales à l’œuvre : les rapports d’exploitation, le caractère construit et non pas naturel des rapports sociaux, le rôle complexe des mécanismes financiers.

C’est un des points qui réunit dans leurs méthodes les sciences dites dures (physique, chimie, mathématiques), et les sciences sociales. Des auteurs comme Gaston Bachelard, Pierre Bourdieu et Louis Althusser, insistent tous trois trois sur cette exigence.

Mais avant ceux-ci, Marx avait déjà construit son œuvre théorique sur ces exigences épistémologiques.

Un autre chapitre du capital, encore une fois, m’impressionna pour la clarté de sa démarche scientifique. Il s’agit du chapitre IV, « Le caractère fétiche de la marchandise », où Marx déconstruit la perception commune de la marchandise comme ayant une valeur en soi. Au fil de son analyse, il développe la notion de fétichisme, c’est-à-dire de représentation imaginaire masquant le caractère réel des relations sociales constitutives de la valeur du bien devenu marchandise (les rapports de production). Difficile de ne pas percevoir un écho de ce chapitre dans la théorie de l’idéologie élaborée par Louis Althusser (voir plus loin), la fonction de l’imaginaire dans la perception commune de la société y tenant une place importante.

C’est d’ailleurs la richesse de l’œuvre de Marx d’avoir suscité une descendance théorique qui, si elle ne s’accorde pas sur certaines questions se retrouve notamment dans cette démarche fondamentale qui est la déconstruction des phénomènes dans ce qui constitue leur apparence externe.

Cette approche relationnelle, présente aussi chez certains sociologues non marxistes comme Pierre Bourdieu, permet de se défaire d’une illusion essentialiste qui cantonnerait les groupes humains à certaines caractéristiques supposées présentes chez ceux-ci par essence, angle qui se trouve être la voie royale aux conceptions racistes et ethnicisantes.

Comment se traduisent concrètement ces apports théoriques ?

Concrètement, ces apports théoriques trouvent leur expression dans la méthode d’analyse que j’applique systématiquement dans les articles postés sur Soyons classes. Ainsi, cette grille d’analyse s’articule autour de trois axes fondamentaux, représentés par trois concepts :

– Les classes sociales

Comme développé plus haut, il s’agit non pas de groupes humains classés en fonction de leur richesse, de leur métier, de leur âge, mais de leur position dans les rapports de production. Une définition basée sur une relation sociale13.

– La lutte des classes

Imaginer que la société constitue un grand ensemble d’individus aux intérêts identiques est tout à fait illusoire. Comme le montre le chapitre 10 du Capital, l’existence même des classes sociales (au sens marxien) induit un antagonisme autour du partage de la plus-value produite, mais aussi autour des questions de pouvoir, notamment par l’influence exercée par les milieux patronaux et financiers qui ont su rallier à leur cause nombre de dirigeants politiques et d’institutions internationales.

– L’idéologie

Se pencher sur la dimension idéologique permet de déconstruire la présentation naturalisée de la société où le mode de production capitaliste est considéré comme le fonctionnement naturel de la société, fonctionnement qu’il ne faudrait surtout pas perturber par des politiques « contre nature » comme le socialisme.

Là aussi, Marx exerce toujours une influence notoire. Sans Marx, Gramsci puis Althusser n’auraient pas pu concevoir leur approche.

La conception de l’idéologie développée par Althusser dans « Idéologie et appareils idéologiques d’Etat »14 s’avère être mon outil principal pour analyser cette dimension. Pour résumer très brièvement, pour lui, l’idéologie n’est pas le simple reflet de la base matérielle de la société, mais elle possède une existence matérielle à travers les « appareils » qui constituent son expression, parmi lesquels figurent notamment l’école, la famille, la religion, le juridique, le politique, la culture. Ces appareils idéologiques exercent une influence en retour sur l’infrastructure à travers les pratiques qu’ils induisent.

Dans son texte, Althusser nous livre une définition de l’idéologie qui ouvre à une réflexion approfondie sur la question : « L’idéologie est une « représentation » du rapport imaginaire des individus à leurs conditions réelles d’existence ». C’est principalement celle-ci qui me faisait dire plus haut que l’on peut supposer une filiation entre le caractère fétiche de la marchandise et l’idéologie selon Althusser.

Pour conclure

Je voudrais terminer sur ces quelques considérations.

Bien évidemment, Marx n’a pas créé ex nihilo son corpus théorique. Hegel, Spinoza, Aristote, Ricardo, etc… ont nourri ses travaux. Mais l’ensemble de la théorie marxienne, forme un tout original et tout à fait novateur au XIXème siècle.

Il importe aussi de souligner que son corpus théorique a été construit sur l’observation de la réalité sociale de son époque et la consultation d’un nombre considérable d’ouvrages théoriques, d’études et de rapports économiques, sociaux, techniques, sur l’industrie, les processus de production, la condition des travailleurs, les échanges commerciaux, etc… Il faut insister sur ce point, Marx était un chercheur et le Capital n’est pas le fruit d’une réflexion philosophique en chambre, mais bien le résultat d’un immense travail scientifique.

Contrairement aux annonces du dépérissement théorique de Marx, sans cesse formulées depuis les années 1980, on ne peut que constater qu’il est toujours vivant dans la recherche en sciences sociales. Quand au niveau politique, j’en parlerai dans le prochain article.

La lignée des marxiens

L’influence théorique de Marx ne s’est jamais tarie. Son œuvre théorique s’est toujours trouvé des continuateurs. Quelques noms suffisent pour se rendre compte de l’ampleur du courant initié par lui19.Tous ne vont pas dans le même sens, les ramifications marxiennes comportent également des controverses théoriques, ce qui n’a rien d’étonnant lorsque l’on se trouve dans le domaine des sciences sociales ou des sciences humaines. Sans être marxiens, d’autres auteurs ont également une dette théorique envers Marx : Pierre Bourdieu en est sans doute le représentant le plus prestigieux, mentionnons également Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot15.

Actuellement, des revues théoriques comme Actuel Marx16, nous tiennent au courant des recherches sur les questions fondamentales des classes sociales, de l’exploitation, de l’écologie, toujours selon l’approche marxienne. De nombreux auteurs nous y livrent leurs analyses tels Etienne Balibar, le regretté André Tosel, Jacques Bidet, Gérard Duménil, etc…, sans masquer les débats qui animent l’univers marxien. Et c’est le propre d’une revue scientifique.

En Belgique, la revue Lava17, nouvelle venue, nous propose des analyses marxistes sur divers sujets contemporains touchant la lutte sociale. Des chercheurs nous relatent leurs analyses, on y trouve également des interview d’auteurs comme Mary Gabriel, Slavoj Zizek. Mentionnons spécialement le n°3 consacrant quatre articles relatifs au droit à la ville, analyses bienvenues dans ce contexte de gentrification qui touche les grandes villes.

Comme on le voit, bien loin des caricatures diffusées à l’envi par les pourfendeurs de Marx, ses théories sont toujours bien vivantes. Elles ne constituent pas non plus une vulgate figée que des aficionados reproduiraient à l’identique, le corpus théorique de Marx ayant su évoluer sans devoir être désavoué, la base même de son édifice théorique restant valable.

Sans doute, ceux qui voudraient renvoyer Marx dans le passé, plus prompts à prononcer des anathèmes qu’à délivrer une argumentation, ne comprennent pas la différence entre ce qui est valable structurellement (la nature des dynamiques à l’œuvre et la méthode pour définir les entités composant la société, comme les classes sociales) et les évolutions de forme de la société.

La confusion, qui parfois se mêle à la mauvaise foi, est en effet de croire qu’une théorie devient nécessairement caduque avec l’évolution de son objet d’analyse. C’est se méprendre sur la nature même de la théorie.

Karl Marx, politique

Marx c’est aussi et surtout, l’engagement politique.

Alors quoi de mieux pour conclure que de citer la 11ème thèse sur Feuerbach :

« Les philosophes ont seulement interprété le monde de diverses manières, ce qui compte c’est de le transformer »18.


Notes

1 C’est nous qui soulignons. De même pour toutes les citations qui suivent.

2 Cité d’après « Le Capital, livre I, sections I à IV », Karl Marx, Champs Flammarion, Paris, 1985, p.180.

3 Ibidem.

4 Contrairement à l’image que l’on veut parfois donner de Marx comme un « idéologue », il ne faut jamais oublier que les concepts qu’il forge résultent d’un réel travail de chercheur, avec ses méthode, ses sources solides, son épistémologie, qualités qui en font une référence incontournable dans les sciences sociales.

5 De manière classique, j’emploierai le terme « marxien » lorsqu’il s’agit de l’aspect recherche en sciences sociales et « marxiste » lorsqu’il s’agit de l’aspect politique. Bien évidemment, la frontière entre l’un et l’autre n’est pas tranchée. Il s’agit simplement d’être le plus clair possible dans mon propos.

6 Saül Karsz est sociologue et philosophe. Il préside la plateforme Pratiques Sociales ( www.pratiques-sociales.org ). Voir notamment « Pourquoi le Travail Social ? », Paris, Dunod, 2011.

7 Gaston Bachelard, philosophe des sciences a développé une réflexion novatrice sur l’épistémologie des sciences qui a inspiré tout un pan des sciences sociales : Pierre Bourdieu, Michel Foucault, Louis Althusser,… Un ouvrage nous intéresse particulièrement : « La Formation de l’esprit scientifique », réédité chez Vrin en 2004.

8  Cité d’après « L’idéologie allemande », Marx, Engels, Nathan, Paris, 2001, p.44.

9  On trouvera une analyse détaillée de ce texte dans : « Karl Marx, les thèses sur Feuerbach », Georges Labica, Sylepse, Paris, 2014. « Marx, 1845, les « thèses » sur Feuerbach », Pierre Macherey, Amsterdam-Poches, Paris, 2008. (nb, contrairement à ce que les dates d’édition pourraient faire croire, l’ouvrage de Pierre Macherey est postérieur à celui de Georges Labica.

10 Par souci de précision, j’appelle ici le « réel social », la société, l’ensemble des activités humaines, des institutions, de la culture, etc … dans ce qu’elles sont effectivement, indépendamment de nos propres représentations.

11 Cité d’après la traduction de Pierre Macherey, p.137.

12 Cité d’après la traduction de Pierre Macherey, p.171.

13  Notre appartenance à une classe ou à une autre, dépend de la place que l’on occupe dans le processus de production, du point de vue de la propriété des moyens de production.

14 Le texte est consultable sur le site des Classiques des sciences sociales de l’Université du Québecq : http://classiques.uqac.ca/contemporains/althusser_louis/ideologie_et_AIE/ideologie_et_AIE.html

15 Mentionnons deux ouvrages où ils se livrent à une analyse de la classe bourgeoise et de ses pratiques. « La violence des riches, chronique d’une immense casse sociale », Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La Découverte, Paris, 2013. « Sociologie de la Bourgeoisie », Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La Découverte et Syros, Paris, 2000.

16 « Actuel Marx », www.puf.com/actuel_Marx

17 « Lava », www.lavamedia.be/fr

18 Cité d’après la traduction de Pierre Macherey, p.219.

19 Althusser, Henri Lefebvre, Antonio Gramsci, Etienne Balibar, Ernest Mandel, André Tosel, Alain Badiou, Slavoj Zizek, etc…