Quand le bleu se mêle au brun

BlogDéfranckenisé

Soyons Classes a pour vocation de se consacrer plus à l’analyse critique qu’à la polémique.

Mais les événements récents qui touchent les migrants – rafles au parc Maximilien, renvoi vers le Soudan de réfugiés qui risquent la torture et la mort – nous incitent à réagir.

Il ne faut pas être un grand politologue pour constater que le premier ministre, Charles Michel, est prêt à avaler toutes les couleuvres pour mettre en œuvre son programme économique. Le soutien de la NVA offre en effet, à lui et à son parti, une occasion en or (c’est le cas de le dire) de changer radicalement la société dans le sens voulu par les représentants du patronat (FEB, VOKA, etc…), avec pour résultat d’aboutir à une société où la solidarité sociale s’effacerait pour faire place à l’individualisme exacerbé de l’idéologie entrepreneuriale, et tant pis pour ceux, nombreux, qui resteront au bord du chemin.

Quasi aucune voix ne s’est élevée parmi les libéraux, excepté celle de Hervé Hasquin, pour protester contre cette dérive très droitière qui rappelle d’autres époques.

C’est le sens qu’il faut donner au titre de ce billet, « quand le bleu se mêle au brun ».

1917 dans les médias, une compassion à sens unique

Février 1917 (mars , calendrier grégorien), manifestation à Pétrograd.

Février 1917 (8 mars, selon le calendrier grégorien), manifestation à Petrograd

 

Voici cent ans, la révolution d’octobre bouleversait le paysage politique et social de la Russie. Anniversaire traité par les médias dans des tonalités assez contrastées, allant du documentaire historique plus ou moins objectif au reportage focalisé sur l’aversion des classes privilégiées pour cette révolution1.

 

1. Une « commémoration » partiale

Quatre reportages

La RTBF a choisi de commémorer l’événement par des reportages intégrés à ses JT et sensés relater les conséquences de la révolution russe. Lire la suite

Le projet immobilier du marais Wiels en région bruxelloise, quand «réhabilitation» d’un quartier rime avec gentrification

marais Wiels_1_02

Dans un article précédent, nous abordions la question des besoins. Parmi ces besoins fondamentaux, figure un logement de qualité et au loyer abordable.

Le discours des initiateurs des vastes projets immobiliers qui touchent les grandes villes en font souvent miroiter le caractère « win-win » qui répondrait au problème du logement. Ainsi Citydev (la SDRB – Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), dans un communiqué de presse défendait le partenariat public-privé : « Travailler avec des promoteurs au développement de leurs projets pour augmenter le nombre de logements » 1.

Mais derrière cette vision idyllique du développement urbain se cachent les conséquences sur la population modeste des quartiers cible. Lire la suite

Quand les mots permettent de ne pas penser

Michel parlement

On sait que le monde politique fait un usage abondant de qualificatifs visant à discréditer leurs adversaires ( 1 ).

Certains termes sont particulièrement à la mode tels que conservateurs, passéistes, résistants au changement, populistes, etc…

Termes à significations variables, selon qui les prononce, selon le destinataire, et selon l’objectif poursuivi. Ainsi, pour les partis de droite et les représentants du patronat, la méthode consiste à traiter les partis progressistes de conservateurs lorsqu’ils s’opposent aux mesures de régression sociale, les syndicats se voient taxés de résistants au changement lorsqu’ils défendent les conquêtes sociales faites au prix de luttes parfois dramatiques, les défenseurs de l’État social se voient relégués parmi les passéistes. Lire la suite

Un gouvernement très marqué idéologiquement

vignette GOUVERNEMENT

Haro sur les chômeurs

Tout nouveau ministre wallon de l’emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR) se lâche dans une interview donnée à RTL : « Je veux dire à certains que le chômage n’est pas une rente. Je veux qu’ils fassent tous les efforts pour retrouver un job. Et que le Forem n’accepte plus cette culture de l’excuse mais les responsabilise. » « Un chômeur qui ne répond pas à une convocation, c’est anormal! Les règles doivent être appliquées strictement, les sanctions également« . Toujours dans le même registre, le ministre juge le Forem « trop gentil ».(1)

Dans une autre interview récente accordée à La Dernière Heure (2), le même ministre se déclarait intéressé par le projet du VDAB (équivalent du FOREM en région flamande, de contrôler sur quelles offres d’emploi cliquent les chômeurs afin d’évaluer leur « activation ».

Position agressive s’il en est à l’encontre des chômeurs. Non seulement écartés du marché de l’emploi par un manque de postes disponibles ou les exigences disproportionnées des employeurs, les demandeurs d’emploi se voient également être l’objet de contrôles tatillons et d’une suspicion de principe quant à leur volonté de travailler. Lire la suite

Swissport, chronique d’une grève

 

Swissport grèveLes faits

Mardi 22 août 2017, éclate une grève des bagagistes employés par Swissport (1) à l’aéroport de Brussels Airport. Il s’en suit de nombreuses perturbations touchant les voyageurs, vols retardés, bagages indisponibles, etc… Les raisons de la grève sont la surcharge de travail des bagagistes et la pénibilité du travail dus au manque de personnel. Ce conflit social a bien évidemment été largement relayé par les médias.

• Le feuilleton médiatique

L’analyse des journaux télévisés (JT) de La Une (RTBF) de 13 heures et de 19 h 30, ainsi que des infos diffusées à la radio dans les journaux de La Première (RTBF) de 13 h et de 18 heures montre ceci. Lire la suite

Penser dans l’idéologie

 

vignette Caterpillar_CR

 

Usine Caterpillar à Gosselies

 

Dans un article précédent1, je soulignais que les informations véhiculées par les médias grand public reflètent trop souvent une pensée économique et sociale enfermée dans des frontières conceptuelles étanches, dans un espace de pensée où l’extérieur (l’alternative) n’existe pas. C’est

le TINA (There Is No Alternative) des néolibéraux des années 80 qui se prolonge dans la pensée dominante actuelle. Parfois, ce TINA se cache sous le ton très émotionnel de certains articles de presse.

Lire la suite

L’espérance de vie en moyenne

vignette quartier aéré CR

Un quartier aéré à Bruxelles

 

Dans Le Soir du 29 avril, la veille du 1er mai, le Ministre des pensions Daniel Bacquelaine publie une carte blanche qui pourrait servir de cas d’école à qui voudrait étudier l’utilisation des chiffres et des concepts au service d’une idéologie. Au delà des affirmations plus que contestables qui émaillent ce texte et de l’utilisation à contresens d’un Marx qu’il n’a manifestement pas compris (cf. la notion de valeur travail), je voudrais souligner ici l’utilisation tout à fait abusive des moyennes.

M. Bacquelaine nous affirme en effet que « (…) nous vivons en bonne santé à un âge plus avancé qu’auparavant. L’âge légal de 65 ans a été édicté en 1925, quand l’espérance de vie était de 58 ans, alors qu’elle est aujourd’hui de … 81 ans »1. Propos qui rejoignent ceux qu’il a tenus quelques semaines auparavant sur les plateaux de la RTBF : « On vit plus longtemps, il n’y a aucun doute et on va vivre encore plus longtemps. Et le Belge est en Europe celui qui part le plus tôt à la retraite et quitte le plus tôt le marché du travail. Et donc il faut faire en sorte que l’on travaille plus longtemps »2.

Lire la suite

Les absents des infos – des morts silencieuses

vignette manif CR

 

Bruxelles – manifestation syndicale

 

Les JT du soir, grands rendez-vous de l’info, nous donnent à voir les événements d’un monde en proie à la violence ou aux scandales : la guerre en Syrie, les attentats, les affaires touchant des hommes politiques, les atteintes à la liberté de la presse. Des sujets plus légers ponctuent ces infos : la rentrée des classes, la naissance d’un panda à Pairi Daiza, une visite royale ou les premières fraises de la saison.

D’une certaine manière, les grands médias forgent notre perception de ce qui se passe dans le monde. Mais également de ce qui ne s’y passe pas. Je veux dire par là que les événements qui ne sont que très rarement relayés par les médias se voient exclus du paysage commun de la « représentation du monde ».

Lire la suite

Partir des besoins

vignette Marseille Panier CR

 

Marseille – quartier du Panier

 

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

Cette phrase, qui puise ses racines dans les mouvances socialistes du XIXème siècle, reste d’une grande actualité. Elle résume bien la préoccupation d’une société démocratique, qui devrait se soucier du bien-être de chacun, c’est-à-dire des conditions de vie concrètes de ses citoyens. Deux choses apparaissent dans cette phrase : la question des besoins et celle de la solidarité sociale.

Lire la suite