A propos Soyons Classes

Soyons Classes propose une analyse des discours médiatiques et politiques avec comme fil conducteur la question des classes sociales.

Lectures – « Sociologie de la bourgeoisie »

entête-0001_04Michel Pinçon, Monique Pinçon-Charlot, éditions La Découverte, collection repères, Paris, 2015 (3ème édition), 128 pages, 11,60 €.

Une études des sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sur la haute bourgeoisie. Tous deux anciens directeurs de recherche au CNRS (France) leurs recherches portent depuis des décennies sur la « haute société », considérant que si de nombreux travaux sont consacrés à la « grande pauvreté », trop peu se penchent sur la classe sociale dominante ; alors que comprendre les processus actuels de sa formation et de sa reproduction s’avère nécessaire pour appréhender en quoi les rapports de classe sont toujours à l’œuvre dans nos sociétés. Lire la suite

– Lectures – « Les prolos »

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Louis Oury, éditions Agone, Mémoires sociales, 2016, Marseille
– 1ère édition en 1973

Pour inaugurer la rubrique lecture, nous débuterons par un classique de ce qu’on a appelé la littérature prolétarienne.

Du milieu agricole au monde ouvrier.
Louis Oury nous livre la chronique de son parcours d’ouvrier de 1950 à 1959. L’ouvrage débute en 1950, lorsque , jeune apprenti, il se trouve plongé dans l’univers du travail en usine. Cette description du monde du travail au jour le jour nous est livrée sans concession. Les rudes conditions de travail, les salaires insuffisants, la protection sociale déficiente. Un changement profond s’opère chez l’auteur lorsqu’il découvre le syndicalisme et la solidarité ouvrière. Prise de conscience qui s’accomplit pleinement dans la grève de 1955 qui toucha les chantiers navals de Saint-Nazaire Lire la suite

Les gilets jaunes en proie au mépris de classe

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L’élitisme, corollaire du mépris de classe

Dans un entretien accordé récemment à la RTBF 1, le dessinateur et scénariste Bernard Yslaire, connu pour sa série BD SAMBRE, tenait des propos que l’on peut qualifier de méprisants à l’encontre des gilets jaunes. Ainsi, selon lui, une certaine « forme d’égalitarisme » s’avèrerait dangereuse, celle qui permettrait à ces gens ordinaires de s’exprimer sur les réseaux sociaux au même titre que les « experts ». Comparant la situation actuelle à celle de 1789, il dit craindre cette «multiplicité de gens qui s’expriment, de couches populaires notamment 2, d’enragés et surtout de fake news. » Lire la suite

« Il n’y aurait pas d’inégalités dans la distribution des profits », une fable libérale à déconstruire

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Une étude d’Oxfam peu appréciée par le patronat

Au mois d’avril, le service d’études d’Oxfam-France publiait un rapport intitulé CAC40: des profits sans partages .

Le texte introductif brossait le tableau suivant :
« En 2017, 82 % des richesses créées dans le monde ont bénéficié aux 1 % les plus riches, alors que les 50 % les plus pauvres n’en ont reçu que des miettes.
La France n’échappe pas à cette tendance : les 10 % les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses nationales quand les 50 % les plus pauvres ne se partagent que 5 % du gâteau.
Cette répartition inégale des richesses s’organise d’abord là où elles se créent : au sein des entreprises »
. Lire la suite

Charles Michel tout à son job de propagandiste du rêve patronal  : la voix de son maître

hismastervoiceLe fidèle compagnon du patronat

Dans Le Soir du 27 juillet 2018, présentant son « job deal » sensé combler les emplois vacants dans certains secteurs économiques, Charles Michel fanfaronne : « on a tellement réussi à créer de l’emploi dans le secteur privé que nous sommes confrontés à un grand nombre d’emplois vacants. (…) C’est gigantesque ».

Son diagnostic a pourtant été démenti à maintes reprises par des études fouillées 1. D’une part, les créations d’emploi consistent surtout en des emplois à temps partiel ou de mauvaise qualité. Et d’autre part, la conjoncture économique a eu plus d’effet sur la création d’emplois que les cadeaux concédés par le gouvernement aux entreprises Lire la suite

Marx au XXIème siècle, toujours vivant (suite)

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2. La dimension politique

Nous terminions notre article précédent en citant la célèbre 11ème thèse sur Feuerbach :

« Les philosophes ont seulement interprété le monde de diverses manières, ce qui compte c’est de le transformer »1.

Belle introduction pour aborder l’autre aspect de l’œuvre de Marx, son apport concret et toujours actuel dans les luttes sociales, c’est-à-dire, sa dimension politique.

Difficile en effet de parler de Marx sans parler de politique. L’auteur, s’il fut un chercheur à part entière, de par l’ampleur et la rigueur de ses productions théoriques, était aussi un homme d’action. Sa prise de position dans les mouvements révolutionnaires de l’époque, sa participation active à diverses organisations ouvrières, son refuge en Belgique, puis son expulsion du pays, la mise en place de la première internationale ; tout cela en fait un personnage politique de premier plan. Une des caractéristiques essentielles de Marx est justement cette articulation intime et indissociable entre théorie et pratique.

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Marx au XXIème siècle, toujours vivant

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1. Les sciences sociales

Le 5 mai marque le bicentenaire de la naissance de Karl Marx.

Si du côté des sciences sociales et de la gauche, cet anniversaire sera l’occasion de souligner l’héritage scientifique et politique du personnage, à droite, ce sera probablement, au contraire, prétexte à enchaîner les lieux communs sur l’ «obsolescence» de Marx et à distiller des sentences définitives sur la fin des classes sociales et de la lutte qui les oppose, notions largement incomprises, soit dit en passant, par les défenseurs des approches libérales.

Pour ma part, je peux témoigner de la richesse qu’a constitué l’apport de Marx, tant sur le plan scientifique (les sciences sociales) que sur le plan politique (les luttes sociales). Lire la suite

Quand le bleu se mêle au brun

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Soyons Classes a pour vocation de se consacrer plus à l’analyse critique qu’à la polémique.

Mais les événements récents qui touchent les migrants – rafles au parc Maximilien, renvoi vers le Soudan de réfugiés qui risquent la torture et la mort – nous incitent à réagir.

Il ne faut pas être un grand politologue pour constater que le premier ministre, Charles Michel, est prêt à avaler toutes les couleuvres pour mettre en œuvre son programme économique. Le soutien de la NVA offre en effet, à lui et à son parti, une occasion en or (c’est le cas de le dire) de changer radicalement la société dans le sens voulu par les représentants du patronat (FEB, VOKA, etc…), avec pour résultat d’aboutir à une société où la solidarité sociale s’effacerait pour faire place à l’individualisme exacerbé de l’idéologie entrepreneuriale, et tant pis pour ceux, nombreux, qui resteront au bord du chemin.

Quasi aucune voix ne s’est élevée parmi les libéraux, excepté celle de Hervé Hasquin, pour protester contre cette dérive très droitière qui rappelle d’autres époques.

C’est le sens qu’il faut donner au titre de ce billet, « quand le bleu se mêle au brun ».

1917 dans les médias, une compassion à sens unique

Février 1917 (mars , calendrier grégorien), manifestation à Pétrograd.

Février 1917 (8 mars, selon le calendrier grégorien), manifestation à Petrograd

 

Voici cent ans, la révolution d’octobre bouleversait le paysage politique et social de la Russie. Anniversaire traité par les médias dans des tonalités assez contrastées, allant du documentaire historique plus ou moins objectif au reportage focalisé sur l’aversion des classes privilégiées pour cette révolution1.

1. Une « commémoration » partiale Lire la suite

Le projet immobilier du marais Wiels en région bruxelloise, quand «réhabilitation» d’un quartier rime avec gentrification

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Dans un article précédent, nous abordions la question des besoins. Parmi ces besoins fondamentaux, figure un logement de qualité et au loyer abordable.

Le discours des initiateurs des vastes projets immobiliers qui touchent les grandes villes en font souvent miroiter le caractère « win-win » qui répondrait au problème du logement. Ainsi Citydev (la SDRB – Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale), dans un communiqué de presse défendait le partenariat public-privé : « Travailler avec des promoteurs au développement de leurs projets pour augmenter le nombre de logements » 1. Lire la suite