Quand le bleu se mêle au brun

BlogDéfranckenisé

Soyons Classes a pour vocation de se consacrer plus à l’analyse critique qu’à la polémique.

Mais les événements récents qui touchent les migrants – rafles au parc Maximilien, renvoi vers le Soudan de réfugiés qui risquent la torture et la mort – nous incitent à réagir.

Il ne faut pas être un grand politologue pour constater que le premier ministre, Charles Michel, est prêt à avaler toutes les couleuvres pour mettre en œuvre son programme économique. Le soutien de la NVA offre en effet, à lui et à son parti, une occasion en or (c’est le cas de le dire) de changer radicalement la société dans le sens voulu par les représentants du patronat (FEB, VOKA, etc…), avec pour résultat d’aboutir à une société où la solidarité sociale s’effacerait pour faire place à l’individualisme exacerbé de l’idéologie entrepreneuriale, et tant pis pour ceux, nombreux, qui resteront au bord du chemin.

Quasi aucune voix ne s’est élevée parmi les libéraux, excepté celle de Hervé Hasquin, pour protester contre cette dérive très droitière qui rappelle d’autres époques.

C’est le sens qu’il faut donner au titre de ce billet, « quand le bleu se mêle au brun ».

1917 dans les médias, une compassion à sens unique

Février 1917 (mars , calendrier grégorien), manifestation à Pétrograd.

Février 1917 (8 mars, selon le calendrier grégorien), manifestation à Petrograd

 

Voici cent ans, la révolution d’octobre bouleversait le paysage politique et social de la Russie. Anniversaire traité par les médias dans des tonalités assez contrastées, allant du documentaire historique plus ou moins objectif au reportage focalisé sur l’aversion des classes privilégiées pour cette révolution1.

 

1. Une « commémoration » partiale

Quatre reportages

La RTBF a choisi de commémorer l’événement par des reportages intégrés à ses JT et sensés relater les conséquences de la révolution russe. Lire la suite

Quand les mots permettent de ne pas penser

Michel parlement

On sait que le monde politique fait un usage abondant de qualificatifs visant à discréditer leurs adversaires ( 1 ).

Certains termes sont particulièrement à la mode tels que conservateurs, passéistes, résistants au changement, populistes, etc…

Termes à significations variables, selon qui les prononce, selon le destinataire, et selon l’objectif poursuivi. Ainsi, pour les partis de droite et les représentants du patronat, la méthode consiste à traiter les partis progressistes de conservateurs lorsqu’ils s’opposent aux mesures de régression sociale, les syndicats se voient taxés de résistants au changement lorsqu’ils défendent les conquêtes sociales faites au prix de luttes parfois dramatiques, les défenseurs de l’État social se voient relégués parmi les passéistes. Lire la suite

Un gouvernement très marqué idéologiquement

vignette GOUVERNEMENT

Haro sur les chômeurs

Tout nouveau ministre wallon de l’emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR) se lâche dans une interview donnée à RTL : « Je veux dire à certains que le chômage n’est pas une rente. Je veux qu’ils fassent tous les efforts pour retrouver un job. Et que le Forem n’accepte plus cette culture de l’excuse mais les responsabilise. » « Un chômeur qui ne répond pas à une convocation, c’est anormal! Les règles doivent être appliquées strictement, les sanctions également« . Toujours dans le même registre, le ministre juge le Forem « trop gentil ».(1)

Dans une autre interview récente accordée à La Dernière Heure (2), le même ministre se déclarait intéressé par le projet du VDAB (équivalent du FOREM en région flamande, de contrôler sur quelles offres d’emploi cliquent les chômeurs afin d’évaluer leur « activation ».

Position agressive s’il en est à l’encontre des chômeurs. Non seulement écartés du marché de l’emploi par un manque de postes disponibles ou les exigences disproportionnées des employeurs, les demandeurs d’emploi se voient également être l’objet de contrôles tatillons et d’une suspicion de principe quant à leur volonté de travailler. Lire la suite