Les gilets jaunes en proie au mépris de classe

Mis en avant

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L’élitisme, corollaire du mépris de classe

Dans un entretien accordé récemment à la RTBF 1, le dessinateur et scénariste Bernard Yslaire, connu pour sa série BD SAMBRE, tenait des propos que l’on peut qualifier de méprisants à l’encontre des gilets jaunes. Ainsi, selon lui, une certaine « forme d’égalitarisme » s’avèrerait dangereuse, celle qui permettrait à ces gens ordinaires de s’exprimer sur les réseaux sociaux au même titre que les « experts ». Comparant la situation actuelle à celle de 1789, il dit craindre cette «multiplicité de gens qui s’expriment, de couches populaires notamment 2, d’enragés et surtout de fake news.« 

« On a l’impression de retrouver le club des Jacobins, version internet ; ou le club des ‘enragés’ qui était encore plus virulent à l’époque, les Marat qui prêchaient la révolution dans la rue, la démocratie directe. Ce qui est quand même inquiétant on va dire, parce que ça peut amener énormément de désordre ».

Les propos de M. Yslaire sont révélateurs d’une représentation éminemment élitiste de la société où les gens du peuple constituent une menace pour l’ordre établi, celui qui garantit sécurité et confort à la classe dominante.

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Charles Michel tout à son job de propagandiste du rêve patronal  : la voix de son maître

hismastervoiceLe fidèle compagnon du patronat

Dans Le Soir du 27 juillet 2018, présentant son « job deal » sensé combler les emplois vacants dans certains secteurs économiques, Charles Michel fanfaronne : « on a tellement réussi à créer de l’emploi dans le secteur privé que nous sommes confrontés à un grand nombre d’emplois vacants. (…) C’est gigantesque ».

Son diagnostic a pourtant été démenti à maintes reprises par des études fouillées 1. D’une part, les créations d’emploi consistent surtout en des emplois à temps partiel ou de mauvaise qualité. Et d’autre part, la conjoncture économique a eu plus d’effet sur la création d’emplois que les cadeaux concédés par le gouvernement aux entreprises Lire la suite

Marx au XXIème siècle, toujours vivant (suite)

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2. La dimension politique

Nous terminions notre article précédent en citant la célèbre 11ème thèse sur Feuerbach :

« Les philosophes ont seulement interprété le monde de diverses manières, ce qui compte c’est de le transformer »1.

Belle introduction pour aborder l’autre aspect de l’œuvre de Marx, son apport concret et toujours actuel dans les luttes sociales, c’est-à-dire, sa dimension politique.

Difficile en effet de parler de Marx sans parler de politique. L’auteur, s’il fut un chercheur à part entière, de par l’ampleur et la rigueur de ses productions théoriques, était aussi un homme d’action. Sa prise de position dans les mouvements révolutionnaires de l’époque, sa participation active à diverses organisations ouvrières, son refuge en Belgique, puis son expulsion du pays, la mise en place de la première internationale ; tout cela en fait un personnage politique de premier plan. Une des caractéristiques essentielles de Marx est justement cette articulation intime et indissociable entre théorie et pratique.

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Marx au XXIème siècle, toujours vivant

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1. Les sciences sociales

Le 5 mai marque le bicentenaire de la naissance de Karl Marx.

Si du côté des sciences sociales et de la gauche, cet anniversaire sera l’occasion de souligner l’héritage scientifique et politique du personnage, à droite, ce sera probablement, au contraire, prétexte à enchaîner les lieux communs sur l’ «obsolescence» de Marx et à distiller des sentences définitives sur la fin des classes sociales et de la lutte qui les oppose, notions largement incomprises, soit dit en passant, par les défenseurs des approches libérales.

Pour ma part, je peux témoigner de la richesse qu’a constitué l’apport de Marx, tant sur le plan scientifique (les sciences sociales) que sur le plan politique (les luttes sociales). Lire la suite