Charles Michel tout à son job de propagandiste du rêve patronal  : la voix de son maître

hismastervoiceLe fidèle compagnon du patronat

Dans Le Soir du 27 juillet 2018, présentant son « job deal » sensé combler les emplois vacants dans certains secteurs économiques, Charles Michel fanfaronne : « on a tellement réussi à créer de l’emploi dans le secteur privé que nous sommes confrontés à un grand nombre d’emplois vacants. (…) C’est gigantesque ».

Son diagnostic a pourtant été démenti à maintes reprises par des études fouillées 1. D’une part, les créations d’emploi consistent surtout en des emplois à temps partiel ou de mauvaise qualité. Et d’autre part, la conjoncture économique a eu plus d’effet sur la création d’emplois que les cadeaux concédés par le gouvernement aux entreprises Lire la suite

Quand le bleu se mêle au brun

BlogDéfranckenisé

Soyons Classes a pour vocation de se consacrer plus à l’analyse critique qu’à la polémique.

Mais les événements récents qui touchent les migrants – rafles au parc Maximilien, renvoi vers le Soudan de réfugiés qui risquent la torture et la mort – nous incitent à réagir.

Il ne faut pas être un grand politologue pour constater que le premier ministre, Charles Michel, est prêt à avaler toutes les couleuvres pour mettre en œuvre son programme économique. Le soutien de la NVA offre en effet, à lui et à son parti, une occasion en or (c’est le cas de le dire) de changer radicalement la société dans le sens voulu par les représentants du patronat (FEB, VOKA, etc…), avec pour résultat d’aboutir à une société où la solidarité sociale s’effacerait pour faire place à l’individualisme exacerbé de l’idéologie entrepreneuriale, et tant pis pour ceux, nombreux, qui resteront au bord du chemin.

Quasi aucune voix ne s’est élevée parmi les libéraux, excepté celle de Hervé Hasquin, pour protester contre cette dérive très droitière qui rappelle d’autres époques.

C’est le sens qu’il faut donner au titre de ce billet, « quand le bleu se mêle au brun ».

Quand les mots permettent de ne pas penser

Michel parlement

On sait que le monde politique fait un usage abondant de qualificatifs visant à discréditer leurs adversaires ( 1 ).

Certains termes sont particulièrement à la mode tels que conservateurs, passéistes, résistants au changement, populistes, etc…

Termes à significations variables, selon qui les prononce, selon le destinataire, et selon l’objectif poursuivi. Ainsi, pour les partis de droite et les représentants du patronat, la méthode consiste à traiter les partis progressistes de conservateurs lorsqu’ils s’opposent aux mesures de régression sociale, les syndicats se voient taxés de résistants au changement lorsqu’ils défendent les conquêtes sociales faites au prix de luttes parfois dramatiques, les défenseurs de l’État social se voient relégués parmi les passéistes. Lire la suite

Un gouvernement très marqué idéologiquement

vignette GOUVERNEMENT

Haro sur les chômeurs

Tout nouveau ministre wallon de l’emploi, Pierre-Yves Jeholet (MR) se lâche dans une interview donnée à RTL : « Je veux dire à certains que le chômage n’est pas une rente. Je veux qu’ils fassent tous les efforts pour retrouver un job. Et que le Forem n’accepte plus cette culture de l’excuse mais les responsabilise. » « Un chômeur qui ne répond pas à une convocation, c’est anormal! Les règles doivent être appliquées strictement, les sanctions également« . Toujours dans le même registre, le ministre juge le Forem « trop gentil ».(1)

Dans une autre interview récente accordée à La Dernière Heure (2), le même ministre se déclarait intéressé par le projet du VDAB (équivalent du FOREM en région flamande, de contrôler sur quelles offres d’emploi cliquent les chômeurs afin d’évaluer leur « activation ».

Position agressive s’il en est à l’encontre des chômeurs. Non seulement écartés du marché de l’emploi par un manque de postes disponibles ou les exigences disproportionnées des employeurs, les demandeurs d’emploi se voient également être l’objet de contrôles tatillons et d’une suspicion de principe quant à leur volonté de travailler. Lire la suite

Penser dans l’idéologie

 

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Usine Caterpillar à Gosselies

 

Dans un article précédent1, je soulignais que les informations véhiculées par les médias grand public reflètent trop souvent une pensée économique et sociale enfermée dans des frontières conceptuelles étanches, dans un espace de pensée où l’extérieur (l’alternative) n’existe pas. C’est

le TINA (There Is No Alternative) des néolibéraux des années 80 qui se prolonge dans la pensée dominante actuelle. Parfois, ce TINA se cache sous le ton très émotionnel de certains articles de presse.

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L’espérance de vie en moyenne

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Un quartier aéré à Bruxelles

 

Dans Le Soir du 29 avril, la veille du 1er mai, le Ministre des pensions Daniel Bacquelaine publie une carte blanche qui pourrait servir de cas d’école à qui voudrait étudier l’utilisation des chiffres et des concepts au service d’une idéologie. Au delà des affirmations plus que contestables qui émaillent ce texte et de l’utilisation à contresens d’un Marx qu’il n’a manifestement pas compris (cf. la notion de valeur travail), je voudrais souligner ici l’utilisation tout à fait abusive des moyennes.

M. Bacquelaine nous affirme en effet que « (…) nous vivons en bonne santé à un âge plus avancé qu’auparavant. L’âge légal de 65 ans a été édicté en 1925, quand l’espérance de vie était de 58 ans, alors qu’elle est aujourd’hui de … 81 ans »1. Propos qui rejoignent ceux qu’il a tenus quelques semaines auparavant sur les plateaux de la RTBF : « On vit plus longtemps, il n’y a aucun doute et on va vivre encore plus longtemps. Et le Belge est en Europe celui qui part le plus tôt à la retraite et quitte le plus tôt le marché du travail. Et donc il faut faire en sorte que l’on travaille plus longtemps »2.

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Partir des besoins

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Marseille – quartier du Panier

 

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ».

Cette phrase, qui puise ses racines dans les mouvances socialistes du XIXème siècle, reste d’une grande actualité. Elle résume bien la préoccupation d’une société démocratique, qui devrait se soucier du bien-être de chacun, c’est-à-dire des conditions de vie concrètes de ses citoyens. Deux choses apparaissent dans cette phrase : la question des besoins et celle de la solidarité sociale.

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